La Chine aussi accroît le contrôle sur les liens avec l'étranger de ses entreprises IA. DeepSeek et Moonshot sont ainsi l'objet d'une nouvelle enquête sur de potentielles fuites de données.

L'incident est mémorable. Au mois de juin, après à peine quelques jours suivant leur lancement, l'accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 d'Anthropic était suspendu. Une décision qui aurait été prise à cause des soupçons d'un accès chinois à ces puissants modèles. Mais de l'autre côté du Pacifique, on a les mêmes soucis vis-à-vis d'éventuelles ingérences étrangères.
La Chine a lancé une enquête contre DeepSeek et Moonshot pour savoir si des informations confidentielles n'ont pas fuité
Voilà maintenant plusieurs semaines, la Chine a lancé une enquête sur deux de ses meilleures atouts dans l'IA : DeepSeek et Moonshot (le créateur du modèle Kimi K3). Les autorités du pays cherchent à savoir si les données d'entraînements n'utilisaient pas des documents confidentiels comme des dossiers internes d'entreprises ou des documents gouvernementaux classifiés.
Car dans cette action, la Chine craint que des acteurs étrangers n'aient pu avoir, indirectement, accès à ces données de haut valeur. Le nom d'Anthropic a été cité par le média The Information, Pékin suspectant que les modèles Claude aient pu accéder à des documents secrets.
Les autres géants chinois de l'IA en panique lancent des audits
Cette enquête fait suite à des audits de routine pratiqués par les autorités chinoises sur les modèles IA. L'idée est d'observer le comportement des modèles IA, afin de voir s'ils ont en mémoire des documents confidentiels ou s'ils sont capables de les reconstituer. Dans ce cas d'espèce, les tests ont montrés que les modèles ont pu générer presque mot pour mot des notes internes du gouvernement ou des contrats commerciaux.
Et cette affaire ne touche pas que DeepSeek et Moonshot. Les autres géants de l'IA, même s'ils ne sont pas encore directement sous le coup d'une enquête, ont lancé en réaction des audits de précaution afin d'éventuellement découvrir des problèmes de ce genre dans leurs modèles. Au-delà, en Asie, on observe aussi le déroulement actuel, pour voir si la Chine va réussir à mettre au point des méthodes de contrôle rigoureuses qui n'empêchent pas le développement de la technologie - des méthodes qui pourraient alors être répliquées.